Les impudents


Les impudents est le premier livre de Marguerite Duras, publié dès 1943. Bien que le décor utilisé soit éloigné de ce qu'elle choisira plus tard dans sa carrière, le thème de la recherche d'identité est dès à présent étudié dans ce livre relativement simple.

Couverture du livre Les impudents

Résumé

L'action se déroule dans le Quercy, à l'époque de l'écriture de ce roman (1943). On suit la famille Taneran composée de la mère, deux fils et une fille. Les évènements sont centrés sur la fille, Maud, vingt ans, déchirée entre sa passion pour un fermier et la haine qu'elle voue à sa mère. Celle-ci, possessive et dépressive, est amoureuse de son fils aîné, un homme de vices, joueur impénitent ruinant la famille par ses pertes colossales et entraînant sa mère à exclure son autre frère ainsi que sa soeur. Face à cette exclusion violente, ils n'ont d'autres choix que celui de se révolter, faisant éclater la cellule familiale. Quand Maud attend un enfant de son amant, elle se fait exclure définitivement pour que la mère et son fils puissent vivre leurs passions amoureuses.


Commentaire

Ce premier roman de Marguerite Duras a une histoire assez proche de ce qu'elle pourra produire par la suite. L'histoire est avant tout familiale, sans déplacement des protagonistes, tout est centré sur la propriété du père absent, dans la campagne française du Lot-et-Garonne. Le thème principal est la famille, une famille dévoreuse, qui avale les individualités et provoque des tensions violentes. Les personnages sont tiraillés entre eux, l'ennui, le désoeuvrement règne en maître et apparaît les questionnements sur la vacuité de l'existence. Ces thèmes seront repris plus tard dans la plupart des livres de l'auteure.

La famille Taneran est assez proche de celle de l'écrivaine. Il était sans doute relativement simple pour elle de décrire ce qu'elle connaissait plutôt que d'inventer, une constante chez tous les jeunes écrivains. On retrouve la mère possessive, amoureuse du fils ainé qui pourtant ne respecte pas l'intégrité de la cellule familliale, préférant jouir deu plaisir d'être aimé que de protéger son environnement proche. Un second fils et une fille cadette viennent compléter le tableau qui ressemble alors à s'y méprendre au Donnadieu. Nommée Maud, elle deviendra Suzanne dans Un barrage contre le Pacifique, puis Marguerite dans l'Amant. La similitude ne s'arrête pas à la structure familliale, elle se poursuit dans l'action elle-même. La mère n'a de cesse de faire fructifier un domaine à l'abandon depuis la disparition du père. Rien de plus proche que la mère de Suzanne, dans Un barrage contre le Pacifique, qui tente désespérement de retenir les lames de l'Océan sur sa concession trop proche du rivage. Le père, lui est absent. Comme dans la vie du Marguerite Duras.

Le style d'écriture, lui, est peu reconnaissable. Il est lourd, indirect, bien loin des paraphrases courtes que l'on trouvera plus tard dans l'amant, par exemple.

Ce roman a toutefois un intérêt autre que celui d'être le premier de Marguerite Duras, il raconte à la fois un parcour initiatique d'une jeune fille, prémice de la Marguerite de l'Amant, et il pose un univers psychologique qui amène un personnage a prendre le dessus sur un autre. On retrouvera ceci, par exemple, dans des livres comme Les yeux bleus, cheveux noirs.

Ce roman n'a pas eu vraiment de succès à sa sortie, mais il a permis à l'écrivaine de prendre confiance en elle et de franchir le cap de l'édition d'une oeuvre littéraire.


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