Biographie de Marguerite DURAS
De nombreuses biographies succinctes peuvent se trouver aisément sur Internet. J’ai donc pris le parti d’en réaliser une, plus détaillée, grâce aux livres de Jean Vallier : C’était Marguerite Duras, Tome I, 1914-1945, Fayard, 2006 pour la première partie, et Marguerite Duras, la vie comme un roman aux Editions Textuel, 1996 pour la seconde. Les numérotations de pages font donc référence, sauf avis contraire, respectivement à ces deux ouvrages.
Frédérique LAMOTHE
PREMIERE PARTIE : 1914 – 1945
1/ Généalogies
Marguerite, Germaine, Marie Donnadieu naît le 4 avril 1914 dans la commune de
Gia Dinh, au nord-est de Saigon, capitale de la
Cochinchine.
La père de Marguerite, Henri Donnadieu, dit Emile, est originaire du sud-ouest de la France. Doué pour les études, il rentrera en 1889 à l’École Normale, puis accumulera les diplômes sans grandes difficultés. L’un de ses frères, Roger, l’incite à tenter l’aventure d’Indochine, comme le montre la lettre qu’Henri adresse au directeur de l’Enseignement en mars 1903 :
Monsieur le directeur,
Mon frère, géomètre du cadastre, m’a fait aimer la Cochinchine et je désirerais obtenir un emploi dans l’enseignement. Les titres universitaires que j’ai acquis sont (…) : Brevet Elémentaire et Supérieur, Certificat d’Aptitude Pédagogique, Certificat de Professeur de Gymnastique, Licence es Sciences Naturelles ».
Pour Henri Donnadieu, il s’agit avant tout d’obtenir une promotion : il est marié depuis peu avec Alice Rivière et père de deux enfants. Il espère ainsi améliorer le confort de sa petite famille. En 1904, il est nommé professeur de 3ième classe de l’ENS en Cochinchine et devient très vite le directeur de l’École Normale de Gia Dinh.
La mère de Marguerite, Marie, Adeline, Augustine, Josephe Legrand, née en 1877 est, comme le dit sa fille dans Ma mère avait, « fille de fermier près de Dunkerque ».Bonne élève, issue d’une famille catholique, elle devient institutrice en juillet 1895 et enseigne à Douai puis à Dunkerque. En 1904, elle y rencontre son futur époux, Flavier Marie Obscur, instituteur de passage, professeur en Cochinchine…Marie suit donc son mari de retour à Saigon dès mars 1905.
Le destin va réunir ces deux êtres : leurs conjoints respectifs décèdent des maladies tropicales qui sévissent en Indochine française à l’époque. Le 20 octobre 1909, Henri Donnadieu épouse en seconde noce, Marie, veuve Obscur. De cette union naîtront Pierre, Emile, Alexandre le 7 septembre 1910, le « petit frère », Paul, Alfred, Auguste le 23 décembre 1911 et après un voyage en France et lors de la Première Guerre Mondiale, Marguerite.
2/ L’enfance
Marguerite a peu vécu dans la maison où elle a vu le jour. Moins d’un an après sa naissance, son père étant malade, la famille est rentrée en France pour un nouveau congé. Dès leur retour, Henri est appelé sous les drapeaux. A cause de la dysenterie et du paludisme, il passe dans le service auxiliaire et Marie obtient alors congé sur congé pour ne pas rompre la cellule familiale. Ce n’est donc qu’en juin 1917 que la famille reprend la destination des colonies. L’école de Giadinh ayant été temporairement fermée, Henri va être promu : à compter du 1er janvier 1918, il est chargé à Hanoi de la direction du collège du Protectorat, haut lieu de l’élite française et vietnamienne. Sa femme est nommée dans la même école. C’est une chance inestimable pour les Donnadieu : Hanoi, ville située au nord du Vietnam est plus propice à la guérison des maux dont souffre Henri, et, l’été, ils bénéficient d’une villa à Yunnanfu, en Chine, au climat plus tempéré.
Mais le bonheur familial est bien vite rompu. L’administration accuse Henri d’avoir laissé régner l’anarchie dans son institution (manifestations d’élèves antichinois) et le mute à la direction de l’enseignement primaire au Cambodge en 1920. A la mi-février, Henri est en route pour Phnom Penh et laisse femme et enfants en Cochinchine. Marguerite a six ans.
3/ Le Cambodge
Parvenu à Phnom Penh, le père de Marguerite est rejoint par sa famille en janvier 1921. Marie aura dorénavant en charge l’école de Norodom pour les filles. Très vite et comme lui-même l’avait prédit, le climat du Cambodge a raison de la santé d’Henri. Au cours de l’hiver 1921, après un an seulement, il est suffisamment malade pour solliciter l’autorisation de rentrer en France se soigner. Le 24 avril 1921 il monte seul à bord du Chili.
C’est donc dans la splendide résidence royale qui leur a été allouée que Marie apprend par télégramme la mort de son mari, au village de Pardaillan, dans le Lot-et-Garonne, près de Duras, le 4 décembre 1921. Quelques jours après (le 13 décembre), une autre nouvelle l’accable : son père, Alexandre Legrand, est lui aussi décédé.
Au début de l’été 1922, Marie regagne à son tour la France : il s’agit de régler les affaires de succession. Peu de temps avant sa mort, Henri s’est en effet porté propriétaire du domaine Platier à Pardaillan [Pour s’y rendre en voiture depuis Bordeaux, il suffit aujourd’hui de quitter l’autoroute A62 en direction de La Réole et d’emprunter la route départementale 668. Un peu avant Moustier, la route traverse le Rieutord, le petit ruisseau qui bordait l’ancienne propriété des Donnadieu. Voir la
Carte et les
Photos], cette maison dont Marguerite parle si bien sous le nom d’Uderan dans son premier roman, Les Impudents (Folio, Gallimard, p. 163-164) : « La vieille maison d’Uderan(…) était dérobée à moitié par la courbe du chemin. Trop grande, quasi inutilisable, elle étalait ses murs nus sur lesquels de place en place, régulièrement, s’alignaient de hautes fenêtres à persiennes. (…) Au fond, elle était très solide ».
Cette maison fait l’objet d’une bataille juridique entre Marie et Roger Donnadieu qui, nommé tuteur de son neveu, entend faire valoir les prérogatives de Jacques, l’un des deux demi-frères de Marguerite, encore mineur.
Le 24 octobre 1924, le tribunal de Marmande rend son jugement : le domaine sera vendu aux enchères par licitation fin décembre. Le 24 juin Marie est enfin déclarée propriétaire du domaine. Elle ne pourra guère en jouir : l’administration la rappelle aux colonies et la nomme à un poste qui n’a rien pour lui plaire. Elle est maintenue à Phnom Penh, loin de sa maison d’Hanoi (qu’elle sera contrainte de vendre) et loin de tout établissement pouvant scolariser ses fils âgés respectivement de 14 et 13 ans. Peu encline à se laisser faire, elle écrit courrier sur courrier à l’administration. Celle-ci ne cède pourtant pas et la déplace à Vinh Long (aujourd’hui école Luu Van Liêt), dans le delta du Mékong. Pierre, l’aîné, est renvoyé en France pour ses études, Marguerite inscrite à l’école de Norodom à Phnom Penh.
Le soir, Marie et ses enfants se promènent en calèche, pendant les vacances scolaires, pour échapper à la chaleur. C’est au cours d’une de ces randonnées que Marguerite aurait dit à sa mère vouloir devenir écrivain : « j’ai une date dans la tête, douze ans. A douze ans, je me souviens l’avoir dit à ma mère un soir » (entretiens avec Jean-Pierre Ceton, Nuits Magnétiques, France Culture, octobre 1980). Vinh Long, lieu nodal : « toujours selon Marguerite Duras, elle aurait fait à Vinh Long, deux rencontres capitales (…). La première serait une mendiante croisée en 1925 ou 1926, la seconde, la femme d’un administrateur dont le mari aurait officié dans ce même poste et que l’auteur baptisera plus tard Anne Marie Stretter » (Jean Vallier, p. 289). Si la première affirmation est difficile à vérifier, la seconde a été authentifiée par Jean Vallier. L’auteur aurait rencontré brièvement ses deux filles au lycée et surtout aurait eu vent du scandale provoqué par son histoire : « alors que la vraie Anne-Marie Stretter habitait un poste dans l’intérieur du pays avec son mari et ses enfants, un médecin dont elle était la maîtresse s’était suicidé parce qu’au dernier moment (ils devaient partir ensemble) elle aurait décidé de ne pas de le suivre » (op. cit., p. 294).
Autre événement marquant de cette année 1927 : le retour à Saigon du fils aîné, Pierre. C’est qu’en juillet 1927,soucieuse de l’avenir de ses deux fils, Marie Donnadieu acquiert une concession de 200 hectares dans la province de Kampot, en bordure du golfe su Siam, au Cambodge. On connaît cette histoire devenue légendaire grâce à Un Barrage contre le Pacifique. La réalité, reconstruite par Jean Vallier encore, est que Marie Donnadieu rachète dans le Khand de Prey Nop la concession à un Annamite, un indigène ayant reçu la terre à titre gratuit, Monsieur Tran-Long-Phung. L’administration coloniale n’est donc pour rien dans l’attribution du « domaine » qui va causer tant de souci à la mère de Marguerite !
Il est plus facile, à la lumière de cette histoire, de comprendre pourquoi Marie avait tant espéré être de nouveau nommée à Phnom Penh à la rentrée scolaire de 1928 : elle aurait ainsi été en mesure de s’occuper plus facilement de la concession, toute proche. Mais l’administration la nomme directrice de l’école des filles de Sadec. Marguerite, douée comme son père pour les études, sera envoyée à Saigon pour suivre la voie royale, le lycée
Chasseloup Laubat. C’est durant ses années qu’elle fera la connaissance de Léo, indigène au père médecin, le modèle de L’Amant….
4/ Paris et la vie estudiantine
Dans les tout premiers jours de 1931,la directrice de l’école des filles sollicite tout d’un coup un congé administratif en raison de l’état de santé de son fils aîné, en métropole. Le 27 février, Marguerite, sa mère et « le petit frère » montent à bord du « Compiègne ». Après un séjour à Pardaillan où elle cède les Platier , Marie et sa famille vont s’installer à Vanves, au 16 de l’avenue Victor Hugo, dans un immeuble de style art déco, qu’on peut encore voir de nos jours. Pour parachever l’éducation de sa fille qu’elle destine à l’agrégation de mathématiques, Mme Donnadieu inscrit Marguerite dans une école privée, L’École Scientia à Auteuil, alors dirigé par Armand Daguerre. Dans ce cadre, de nombreux soupirants vont lui faire la cour et notamment un certain Lecocq de K, un fils de bonne famille du 16ième. Avec lui, Marguerite sort au théâtre et au cinéma, découvre la vie parisienne. C’est lui encore qui réglera les frais occasionnés par le suicide de la maîtresse de son frère Pierre. Lui qui paiera son avortement avant de s’éclipser devant les instances de sa famille (Marguerite tient alors un journal intime dont Jean Vallier a retrouvé la trace, op. cit., p. 425 et sq).
La fin des vacances scolaires de 1932 approchant, Mme Donnadieu prend ses dispositions : Paul doit faire son service, Pierre, majeur, reste en France, et elle retourne avec sa fille aux colonies. Elle est nommée à l’école supérieure de garçons de Saigon et achète une villa au 141 de la rue Testard en plein cœur du quartier européen.
Curieusement, Marguerite s’est inscrite dans la section philosophie pour le BAC et non celle des sciences : elle a préféré cette section qui lui permettra de choisir l’annamite pour une des épreuves de langues étrangères. Elle est reçue le 12 juillet et bientôt autorisée à revenir en France pour y poursuivre ses études.
Durant les 4 années qui suivront son retour à la capitale, elle va mener la vie d’une étudiante provinciale au quartier latin. Si elle s’inscrit à la faculté de sciences, c’est d’abord par acquis de conscience…car en réalité son entrée à la faculté de droit est planifiée de longue date par Madame Donnadieu mère. Marguerite n’y finira pas son doctorat mais elle y obtiendra ses deux diplômes supérieurs : économie politique et droit public. C’est sans doute au cours de sa première année, par ailleurs, qu’elle fait la connaissance du « juif de Neuilly », le jeune homme qui lui inspira en partie le Vice-Consul, de son vrai nom Frédéric Max (op. cit., p. 482-483).
A l’automne 1934, elle s’installe dans une pension de famille près du carrefour Sèvres Babylone, au 5 rue Chomel. Elle y rencontre Jean Lagrolet, membre de la grande famille des Molinier : il a deux de moins qu’elle, des tendances homosexuelles, il est romantique et tourmenté et devient sa première relation sérieuse (il écrira d’ailleurs un livre évoquant sa relation avec Marguerite, Les vainqueurs du Jaloux, Gallimard, 1956). Mais dans le courant de l’année 1936, les amoureux voyagent souvent dans le cabriolet Ford V8 de Marguerite (elle fait donc partie, fait rare, des 700 propriétaires de véhicules en France dans ses années 30) et Jean lui présente l’un de ses amis venu étudier à la FAC de droit de Paris : Il s’agit de Robert Antelme.
La famille de Robert Antelme appartenait des deux côtés à la moyenne bourgeoisie des professions libérales et de l’Administration. Marguerite est bien reçue dans la famille de son prétendant : sa mère, mise à la retraite en 1936, venait juste d’ouvrir à Saigon une école privée dont on disait le plus grand bien.
La famille de Robert est installée au 5 de la rue Dupin, à Paris. Mais alors que les deux amoureux viennent de faire connaissance, Robert est incorporé à Rouen au 39ième régiment d’infanterie, pour son service militaire. De son côté, Marguerite a trouvé un emploi auprès du service intercolonial de l’information et de la documentation du Ministère des Colonies. Elle y prépare, sous les instructions du ministre Georges Mandel, l’Exposition Universelle, et y est rejointe par un attaché de presse, Philippe Roques, à qui le ministre demande de préparer un ouvrage qui vante, en ces temps de guerre larvée, le potentiel humain des colonies.
5/ La guerre et les débuts littéraires
Durant l’été 39 les événements se précipitent et Robert est mobilisé. Marguerite lui demande de l’épouser avant de partir au front, ce qui est fait le 23 septembre 1939 à la mairie du Xvième, Marguerite habitant depuis peu au 3 bis impasse Félicité. Robert parti, Philippe Roques et Marguerite Donnadieu achèvent
l’Empire Français, qui paraît un an plus tard aux éditions Gallimard.
A partir de la première semaine de mai, les Allemands envahissent la France et Marguerite quitte Paris en voiture, probablement dans la nuit du 9 au 10 juin 1940. Elle séjourne à Brive-la-Gaillarde et peut-être à Vichy, mais regagne bientôt la capitale, Robert étant démobilisé.
Son mari passe alors le concours de rédacteur à la préfecture de police et y rentre le 16 octobre comme auxiliaire temporaire. Le 26 février 1941, Marguerite, sans emploi, propose à Gaston Gallimard, son premier roman alors intitulé La Famille Tanéran. Queneau le lit et le refuse mais invite Marguerite à le rencontrer. Il note « Il y a là une atmosphère assez curieuse (Mauriac et Hurle-Vent), un certain sens du trouble, de la cruauté, de la déchéance » (Archives de la librairie Gallimard).
Dans le courant de l’année 1940,le couple a emménagé dans un nouvel appartement situé au 26 rue Paul-Barruel. A la fin du mois de mai 41, Robert Antelme est entré comme attaché au service de l’information au cabinet du nouveau ministre de la production industrielle tenu par Pierre Pucheux. Le mari de Marguerite sera même un moment son secrétaire particulier. Le couple est-il collaborationniste ? En réalité, il semblerait qu’ayant accès à certains dossiers, Robert aurait protégé des personnes menacés. Marguerite, quant à elle, ne s’intéresse pas à la politique. A l’automne 41, elle apprend qu’elle est enceinte. Le 16 mai 42 elle donne naissance à un petit garçon qui meurt, aussitôt né, de « syncope blanche ».Marguerite racontera sa douleur dans les années 70 pour le revue Sorcières. Ce sont des années noires : la perte d’un enfant, un roman refusé, un couple qui se désagrège (Marguerite et Robert ayant chacun des liaisons extra conjugales)… Pour sortir de la dépression qui la guette, Marguerite éprouve sans doute le besoin de se remettre au travail. Alors que Robert est recasé comme attaché de presse auprès du secrétariat d’état à l’information et à la propagande à partir de mai 42, Marguerite rentre, courant juillet, à la commission de contrôle du papier d’édition. Il s’agissait de gérer les restrictions de produits de base : donner du papier ou non, selon leur « mérite » aux écrivains (ce sont les fameuses listes « Otto »). Donnant satisfaction, Marguerite est l’automne suivant promue secrétaire et devient lectrice (avec Ramon Fernandez – dont le femme Betty connaissait le tout Paris littéraire – et Dyonis Mascolo) pour préparer ces fameuses listes. Avec Betty s’organisent alors, au 5 rue Saint Benoît où les Antelme ont déménagé, des journées littéraires qui voient se côtoyer Drieu de la Rochelle, Marcel Jouhandeau, Céline, Henri Michaux (qui dédie à Marguerite son recueil Exorcismes en 1943), Marie Laurencin….
Dans ce milieu Marguerite reprend son premier roman et le présente de nouveau sous le titre Les Impudents chez Denoël. Elle s’appellera dorénavant Marguerite Duras. Cette même année 1943, elle apprend la mort du petit frère à Saigon, emporté par une maladie infectieuse et se découvre amoureuse de son collègue, Dyonis Mascolo.
L’année suivante Robert s’engage dans la Résistance, essentiellement grâce et pour ses amis : Georges Beauchamp, François Mitterand, Mascolo… Marguerite devient « Madame Leroy », Mascolo, « Masse ». Il est arrêté avec sa sœur Marie-Louise, au printemps 1944 dans un guet-apens, rue Dupin, dénoncé par un certain Charles Delval, alias Monsieur X dit ici Pierre Rabier (La Douleur, POL, 1985). Marguerite tentera de le séduire pour sauver son mari…A la libération Delval sera condamné à mort et Dionys entretiendra une liaison avec…sa femme, Paulette. Selon le témoignage de Monique Antelme (la seconde femme de Robert), Marguerite n’a jamais été au courant de cette situation qui sinon, l’aurait beaucoup touchée. Or, sur une photo de mariage entre Paulette et Charles, Jean Vallier remarque que la mariée est vêtue d’une robe à trois fourreaux noirs… la robe que portera Anne-Marie Stretter, la ravisseuse qui allait séduire Michaël Richardson, le fiancé de Lola Valérie Stein…
Tandis que son second roman, La Vie tranquille, va sortir chez Gallimard, Marguerite Duras attend désespérément en cette année 45 des nouvelles de son mari déporté. Ce sera La Douleur. Enfin arrivent des nouvelles : Robert est vivant ! Sa sœur, en revanche, ne survivra pas à son transfert de Ravensbruck en Suède par avion sanitaire. A son arrivée rue Saint- Benoît, le 13 mai 1945, Robert Antelme est dans un tel état d’épuisement que l’on craint pour sa vie. Il se remettra pourtant peu à peu et le futur auteur de L’Espèce Humaine sera admis en août dans une maison de convalescence en Haute-Savoie. « Il sait pour sa sœur, il sait pour notre séparation » (Marguerite Duras, La Douleur, p. 76). Marguerite, elle, reprend le chemin de l’écriture…
SECONDE PARTIE : 1945 – 1996 (en cours ...)